07/03/2008

Nicolas Sarkozy se dit prêt à aller chercher lui-même Ingrid Betancourt

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AFP/Presidencia/Archives ¦ Ingrid Betancourt en novembre 2007 dans la jungle colombienne





Nicolas Sarkozy a appellé ce jeudi les Farc à libérer Ingrid Betancourt et s'est dit prêt à aller chercher lui-même l'otage franco-colombienne à la frontière entre le Venezuela et la Colombie. «Il s'agit d'une question de vie ou de mort et d'urgence humanitaire», a déclaré le chef de l'Etat actuellement en visite en Afrique du Sud, selon notre envoyé spécial Geoffrey La Rocca. «Ils ne peuvent pas laisser mourir cette femme» a-t-il ajouté, soulignant que «le martyr que les Farc imposent à Ingrid Betancourt, c'est un martyr qu'ils affligent à la France».

«C'est une question de semaines»

Un peu plus tôt, François Fillon s'est dit inquiet pour Ingrid Betancourt. «Cette femme est malade, on le sait, on le savait déjà depuis plusieurs mois», a déclaré le Premier ministre ce jeudi, en marge d'une visite au salon de l'agriculture.


«Il y a des témoignages qui sont maintenant extrêmement précis. C'est une question, sans doute, de semaines», a insisté le chef du gouvernement. «Il faut vraiment que tout le monde comprenne et en particulier les Farc, que le monde entier les condamnera s'ils ne libèrent pas Ingrid Betancourt dans les meilleurs délais.»


L'état de santé d'Ingrid Betancourt semble en effet critique, selon le témoignage alarmant de deux des quatre otages des Farc libérés mercredi.



Mauvais traitements

«On savait qu'elle avait déjà eu une hépatite et bien sûr elle est récurrente (chronique, ndlr). Et nous savons que lorsque les hépatites reviennent, elles sont à chaque fois plus dangereuses», a expliqué Fabrice Delloye, l'ex-mari de l'otage.

Selon les deux otages, l’otage franco-colombienne, désormais la seule femme à être retenue par la guérilla, est effectivement «très malade» et a fait l'objet de mauvais traitements.

L'un de ses compagnons de détention, Luis Eladio Perez a affirmé avoir vu Ingrid Betancourt pour la dernière fois il y a 23 jours, pendant quelques minutes. «Cela blesse mon âme. Elle est très mal, très, très malade. Elle est épuisée, physiquement et moralement», a-t-il déclaré, ajoutant qu'«Ingrid est très durement maltraitée. Ils ont passé leur colère sur elle et l'ont enchaînée dans des conditions inhumaines». Selon Gloria Polanco, une autre des quatre ex-parlementaires libérés citée par France Info, elle serait «proche de la fin».

Melanie Delloye, sa fille, s'est dite «extrêmement angoissée» «C'est extrêmement inquiétant, et je sais que le temps nous est vraiment compté. Maman est vivante, mais je ne sais pas pour combien de temps, et je sais qu'il faut qu'on la sorte de là le plus vite possible», a-t-elle imploré sur RTL ce jeudi.

La transférer de toute urgence

Mercredi soir, le président du Venezuela, Hugo Chavez, a aussitôt demandé au chef des Farc, Manuel Marulanda, de transférer de toute urgence en lieu sûr la Franco-Colombienne, retenue depuis plus de six ans.

Le président vénézuélien a expliqué qu'il allait envoyer un message par les canaux dont il dispose pour tenter d'obtenir la libération de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne. Une vidéo et une lettre diffusées à l'automne dernier l'avaient montrée très amaigrie et au bord du désespoir.

Avec agence

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