14/12/2007
Répondre à la crise du logement
A l’heure où plus de 100 000 personnes n’ont pas de toit pour passer l’hiver et où le prix du logement connaît une forte hausse pour l’ensemble des Français, Nicolas Sarkozy a exposé ses objectifs pour remédier à ces difficultés.
C’est dans la ville de Vandoeuvre-lès-Nancy, le 11 décembre dernier, que le président de la République a dressé un état des lieux du logement en France et a présenté les pistes pour répondre à la crise et créer une « France de propriétaires ».
A l’heure actuelle, la hausse des prix du logement contribue à la perte du pouvoir d’achat : en effet, alors que dans les années soixante-dix, le logement représentait 15% des dépenses de consommation des ménages, aujourd’hui, c’est en moyenne un quart du budget qui lui est consacré.
Dans ce cadre, Nicolas Sarkozy a affirmé vouloir répondre aux attentes de « ceux qui ont été durement frappés par la hausse des prix du logement, de ceux qui sont mal logés, comme de ceux qui sont à la rue », en annoncant un certain nombre de mesures :
1) Améliorer le parc immobilier:
La France souffre aujourd’hui d’un manque de logements et de nombreux habitats insalubres. Pour faire face à ces difficultés, le président de la République a proposé de:
- Combattre la pénurie de logement: Nicolas Sarkozy souhaite que la France parvienne à « un rythme de construction d’environ 500 000 logements neufs par an ». Il veut aussi « doubler le nombre de bâtiments anciens rénovés chaque année en commençant par les 800 000 logements HLM les plus dégradés ». Enfin, il a annoncé que l’Etat vendrait des terrains pour construire 60 000 logements d’ici 2012.
- Faciliter l’accès à la location : il s’agit d’indexer les loyers sur l’indice des prix à la consommation et non plus sur l’indice à la construction, de réduire le montant de la garantie demandée aux locataires à un mois et de supprimer les cautions en les remplaçant par un système de mutualisation publique.
2) Moderniser les circuits de financement du logement social
Pour créer « une France de propriétaires » et aider les plus démunis à se loger, Nicolas Sarkozy a décidé de :
- Mettre fin au monopole du livret A : le chef de l’Etat a ouvert la voie à un élargissement « sous conditions » de la distribution du livret A à l’ensemble des banques françaises, conformément à une mesure exigée par Bruxelles, au nom de la libre concurrence.
- Développer le crédit hypothécaire : il s’agit de créer un système qui « permette de rembourser d’abord les murs avant de rembourser le prix du terrain ». A cette fin, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des finances et de l’emploi, a été chargée par Nicolas Sarkozy de « travailler avec les acteurs bancaires » sur le développement de ce crédit.
- Modifier les modalités d’attribution de logements HLM : aujourd’hui, plus de 400 000 logements sociaux sont occupés par des ménages dépassant le plafond des ressources. Parce que « le parc social doit accueillir en priorité ceux dont les revenus ne permettent pas d’être logés dans des conditions décentes », Nicolas Sarkozy a annoncé deux décisions novatrices en matière de logement social : d’une part le réexamen de la situation financière des locataires HLM tous les trois ans et d’autre part, le paiement d’un loyer plus élevé si ces mêmes locataires dépassent le plafond autorisé.
- Mettre en place un crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt : Nicolas Sarkozy a annoncé que celui-ci « bénéficiera à tous les ménages, même aux plus modestes qui ne paient pas d’impôt ». L’objectif est de permettre à terme à « deux tiers des Français d’être propriétaires de leur logement ».
- Elaborer un régime unique d’aide à l’investissement locatif : celui-ci devra être suffisamment avantageux pour permettre la location à des personnes à faible revenu. Pour « sécuriser les bailleurs en leur garantissant le versement d’un loyer et le bon entretien de leur bien », le président de la République a ainsi plaidé pour des mécanismes innovants. Un intermédiaire s’occupera donc des relations entre le locataire et le propriétaire : ce dernier louera non pas à une personne à faible revenu, mais à une association. Parallèlement à cela, le gouvernement mettra en place une « assurance contre les risques d’impayés de loyers ».
3) Mettre l’environnement au premier plan
- Créer un plan d’urbanisme : pour atteindre un urbanisme de qualité, Nicolas Sarkozy a demandé à Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, de s’atteler à une réécriture complète, par ordonnance, du code de l’urbanisme : en effet, à l’heure actuelle, la réglementation est extrêmement complexe, et cela ne garantie nullement la protection de l’environnement.
- Bâtir une dizaine de villes « d’un genre nouveau » : il s’agit de construire des villes « à la pointe de l’innovation en matière d’excellence architecturale, de haute qualité architecturale, de haute qualité environnementale, des technologies de transports et de communication les plus récentes ». L’emploi, le logement et le cadre de ville devront s’intégrer dans un ensemble de qualité.
En savoir plus:
Lire le discours de Nicolas Sarkozy
http://www.elysee.fr
http://www.u-m-p.org
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11/12/2007
Ce qui pourrait changer pour le logement et le pouvoir d’achat

En attendant le texte sur le pouvoir d'achat présenté mercredi en conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a présenté mardi une série de mesures pour résoudre la crise du logement. Revue de détail.
La fin du monopole du Livret A?
C’est une exigence de la Commission européenne. Bruxelles a demandé en mai à la France d'étendre, d'ici le 10 février, à toutes les banques la distribution des Livrets A et Bleu.
Le Livret A, l'un des placements préférés des Français et qui participe au financement du logement social, est uniquement distribué par les Caisses d'Epargne et la Banque Postale.
Nicolas Sarkozy ne s’y oppose pas, «mais j'y mettrais trois conditions. Que cela ne mette pas en danger la collecte, que cela se traduise par une diminution de la rémunération des réseaux distributeurs -et donc par un financement moins cher pour le logement social- et enfin que cela ne bouleverse pas l'équilibre économique des réseaux qui distribuent aujourd'hui le Livret A».
La situation des locataires HLM réexaminée tous les trois ans
«La situation de chaque ménage» occupant une HLM serait «réexaminée tous les trois ans», pour évaluer le bien fondé de sa situation d'occupant. Une mesure pour les 1,5 million de ménages inscrits sur les listes d'attente pour accéder aux HLM: «Ce n'est guère étonnant quand on sait que trois Français sur quatre peuvent prétendre à un logement social, mais que le parc de logements sociaux représente, quant à lui, moins d'un logement sur cinq.»
Deux fois plus de bâtiments anciens rénovés chaque année
Pour répondre à la forte pression immobilière, Nicolas Sarkozy a aussi affirmé qu'il voulait «doubler le nombre de bâtiments anciens rénovés chaque année, en commençant par les 800.000 logements HLM les plus dégradés».
Objectif: réduire la consommation d’énergie des bâtiments. Les travaux de rénovation «peuvent se financer presque entièrement par les économies d'énergie. Pour un appartement de 100 m2, par exemple, les nouvelles normes prévues par le Grenelle apporteront une économie de 1.500 euros par an sur la facture d'énergie. C'est un véritable gain que pourront se partager les propriétaires et les locataires».
Que pensez-vous de ces mesures? Dites-le nous ci-dessous...
P. K. (d'après AFP)
20Minutes.fr, éditions du 11/12/2007 - 16h03
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03/12/2007
Des propositions pour augmenter le pouvoir d’achat
Le 29 novembre dernier au cours d’une interview télévisée, le président de la République a tenu un discours de vérité aux Français sur le sujet du pouvoir d’achat et a présenté des propositions concrètes pour réhabiliter le travail et s’attaquer au coût de la vie.
1) « Travailler plus pour gagner plus»Parce que « la seule façon de répondre à la question du pouvoir d’achat, c’est de créer les conditions de la croissance», Nicolas Sarkozy a proposé « une véritable révolution en matière de temps de travail ».
Il a annoncé l’organisation à la mi-décembre d’une conférence réunissant les partenaires sociaux pour établir ensemble l’agenda social de 2008. Parmi les thèmes qui seront abordés : la sécurisation des parcours professionnels, la formation professionnelle, etc.
Dans son discours, Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà annoncé un certain nombre de mesures :
- Permettre aux salariés de se faire payer leur RTT : sans revenir sur les 35 heures, qui constituent un « acquis social », Nicolas Sarkozy a proposé d’assouplir leur application. Il a ainsi annoncé la possibilité de monétiser les RTT. Les salariés pourront donc se mettre d’accord avec leur chef d’entreprise pour transformer les RTT en argent.
- Rendre possible le travail le dimanche : la possibilité de travailler ce jour-là sera élargie (actuellement, les magasins doivent bénéficier d’une dérogation préfectorale). Les salariés devront être « volontaires » et « payés le double ».
- Assouplir les 35 heures : Nicolas Sarkozy a annoncé que, dans beaucoup d’entreprises, en cas d’accord majoritaire entre le chef d’entreprise et les syndicats de salariés, « les salariés du public comme du privé pourront s’exonérer des 35 heures, en échange d’augmentation de salaires ».
- Sanctionner l’absence de négociations salariales : les allègements de charges dans les branches où il n’y aura pas de négociation salariale seront remis en cause.
- Exonérer les heures supplémentaires dans la fonction publique : celles-ci seront désormais payées comme dans le privé, soit 25% de plus.
Par ailleurs, les fonds de participation seront débloqués dans les entreprises : Nicolas Sarkozy veut permettre aux salariés de débloquer plus tôt leur épargne (sans attendre le délai minimum de cinq ans) et d’en modifier le plafond. Pour les entreprises de moins de 50 salariés qui donnent une prime à leurs salariés, Nicolas Sarkozy veut que celle-ci soit défiscalisée des cotisations sociales.
2) Agir sur le coût de la vie
Devant l’augmentation du coût de la vie, le président de la République a annoncé un certain nombre de mesures concrètes permettant aux Français de dépenser mieux et de façon plus juste :
- Des logements moins chers: l’indexation des logements devra se faire désormais sur l’indice des prix en général et non plus sur celui de la construction. Le président de la République souhaite également que le montant de la garantie demandée aux locataires soit réduit à un mois et que les cautions soient supprimées et remplacées par un système de mutualisation publique.
- Obtenir une baisse des prix dans la consommation : alors que la loi pour le développement de la concurrence au service du consommateur est actuellement en discussion au Parlement, Nicolas Sarkozy a annoncé sa volonté « d’aller plus loin en entamant les discussions avec la grande distribution pour obtenir la baisse des prix dans les grandes surfaces.
- Créer un indice de pouvoir d’achat qui « corresponde enfin à la vie quotidienne des Français » car « les gens qui font leurs courses voient parfaitement que la vie a augmenté beaucoup plus vite que n’augmentent leurs revenus », a affirmé Nicolas Sarkozy.
Lire le communiqué de l’UMP
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29/11/2007
La tragédie des mal-logés mérite mieux que des gesticulations
Par Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville
Le Figaro du 19 novembre 2007
Ce soir encore, Droit au logement prendra la responsabilité de pousser des femmes et des enfants à coucher dans la rue dans la rigueur du froid. Parmi eux, de très jeunes enfants et des femmes enceintes risqueront tout pour une association qui se sert de leur détresse au lieu de les protéger.
Oui, je mesure les espérances de ces familles, affligées par l’attente trop longue d’un logement conforme à leurs besoins.
Oui, je partage avec elles cette rage légitime à vouloir que les choses changent.
Oui, je suis déterminée à les aider. Encore faut-il que Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL, me donne enfin la liste exhaustive de ces familles et les noms de celles qu’il estime prioritaires. Pas moyen de l’obtenir, en dépit de multiples rendez-vous organisés avec son association au ministère ! Plusieurs personnalités se sont émues de la situation. Selon moi, le fait d’être privilégiées ne les condamne pas à baisser les yeux et à s’interdire d’alerter l’opinion sur les conditions de vie de nos concitoyens. Leurs protestations sont sans doute sincères et dénuées du cynisme de ceux qui exploitent la misère pour en tirer des dividendes médiatiques ou électoraux. Elles pointent légitimement du doigt un scandale : pendant plus de vingt ans, notre pays a construit deux fois moins de logements qu’il n’en fallait.
La pénurie est si grave que la question de l’habitat n’est plus seulement celle des déshérités, elle est devenue celle de tous les Français. Le logement est un gouffre pour le pouvoir d’achat et entrave trop d’entre nous dans notre marche vers la prospérité.
Député, je me suis investie sur les problèmes les plus douloureux en rapportant la loi sur le droit au logement opposable. Ministre du Logement, je suis déterminée à rendre ce droit effectif. Sur la question spécifique des hôtels insalubres, je viens de lancer un plan de traque des marchands de sommeil et de lutte contre l’habitat indigne. Surtout, je me suis fixé le but de développer massivement la construction et de tenir l’objectif de 500 000 nouveaux logements chaque année, dont 120 000 sociaux.
D’ici là, le bon sens comme l’humanité nous conduit à proposer des solutions transitoires à ceux qui n’ont plus de toit. Un hôtel, ce n’est pas la solution rêvée. Mais, on ne construit pas un demi-million de logements d’un claquement de doigts et je préfère savoir un enfant ou une femme enceinte au chaud à l’hôtel que sous une tente, sur le bitume parisien. Qui plus est, je dois aussi prendre en considération ceux qui n’ont même pas d’hôtel et dorment dans leur voiture.
La bataille des mal-logés ne se gagnera pas en sortant des enfants des hôtels pour les faire camper dans les rues sous les caméras du JT de 20 heures. Elle se gagnera loin des projecteurs, à force de persévérance, en construisant beaucoup, durablement, partout où cela sera nécessaire. N’attendons pas la résolution de la pénurie de logements d’un miracle qui nous éloignerait de l’effort que nous avons tous à produire.
Si l’action gouvernementale est là pour donner l’impulsion, elle est là aussi pour rappeler chacun à ses devoirs et à ses responsabilités. J’en appelle à tous les maires qui hésitent à accueillir la pauvreté et aux Français qui préféreraient ne pas voir la misère à leur porte. Pour fournir un toit aux hommes, aux femmes et aux enfants de ce pays, il faudra vraisemblablement construire dans leur commune, dans leur voisinage, près de chez eux. J’en appelle aussi à tous les jeunes qui hésitent sur leur formation professionnelle car nous manquons cruellement de bras pour construire des logements.
La solidarité, ce n’est pas reporter l’accusation et la responsabilité des malheurs du monde sur autrui, c’est tenter vaille que vaille de transformer le réel. Je regrette à cet égard que certains responsables associatifs impliqués rue de la Banque aient refusé mon offre de participer au comité de suivi sur le droit au logement opposable. En ce qui me concerne, je suis décidée à travailler avec toutes les personnes de bonne volonté, quel que soit leur statut : personnalités, banquiers, bailleurs sociaux comme privés, constructeurs, associations. La grande cause nationale du logement mérite l’élan d’un État résolu et d’une nation rassemblée.
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