AFP/Présidence colombienne ¦ Photo récente remise le 30 novembre 2007 par la présidence colombienne d'Ingrid Betancourt en captivité
Nicolas Sarkozy a adressé un message au chef des Farc, Manuel Marulanda, lui «demandant solennellement de relâcher» l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt et un autre message destiné aux otages des Farc pour leur témoigner la «solidarité de la France», a indiqué mercredi l'Elysée.
«Monsieur Marulanda, il faut sauver une femme en danger de mort»
Dans son message au chef de la guerilla colombienne, Nicolas Sarkozy lui «demande solennellement de relâcher Ingrid Betancourt et de ne pas porter sur (sa) conscience le risque que ferait peser sa disparition».
«Je m'engage de mon côté, ajoute-t-il, à continuer à m'impliquer personnellement dans la recherche d'une solution humanitaire, pour la libération de tous les autres séquestrés. Au-delà, je m'engage à redoubler d'efforts, si cela est souhaité, pour contribuer à trouver une issue au conflit colombien.»
«Mais pour l'heure, Monsieur Marulanda, il faut sauver une femme en danger de mort», souligne-t-il. «Je forme un rêve: celui de voir Ingrid au milieu des siens pour Noël», conclut le président de la République.
«La France ne vous oubliera pas»
Dans le message destiné aux otages, Nicolas Sarkozy leur déclare: «Je veux m'adresser à vous tous pour vous apporter le message de solidarité de la France. Solidarité avec la Colombie, qui vit une tragédie quotidienne dont plus personne ne perçoit le sens; solidarité avec vous, retenus injustement, cruellement, en otages; solidarité avec vos familles, avec vos amis, qui mesurent le temps perdu sur le calendrier des souvenirs.»
«A tous, je veux le dire: la France ne vous oubliera pas. Elle ne vous oubliera jamais», ajoute-t-il.
Le premier message est télévisé et le second radio-diffusé sur les ondes de RFI, que Ingrid Betancourt a indiqué pouvoir capter.
«Un appel historique»
Mardi, un membre de la commission pour la paix du Congrès colombien avait déclaré que son gouvernement
allait proposer à Nicolas Sarkozy de participer à une prochaine réunion avec les guérilleros qui retiennent notamment Ingrid Betancourt en otage depuis plus de cinq ans. L'Elysée avait répondu que cela demandait réflexion. Le séjour du Haut commissaire colombien pour la paix, prévu ce mercredi, avait d'ailleurs été ajourné tard dans la soirée de mardi.
«Cette déclaration est un appel historique. Nicolas Sarkozy montre qu'il a pris le dossier à coeur. Il accepte de jouer un premier plan et qu'il parle avec les Farc», s'est réjoui le porte-parole des Comités de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB).
20Minutes.fr, éditions du 06/12/2007 - 00h05
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