
Le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré lundi que "les 35 heures ont été un carcan imposé qui ne marche pas pour tous les salariés aujourd'hui", lors d'une visite de l'usine Renault de Flins (Yvelines).
"Tout le monde reconnaît aujourd'hui que les 35 heures n'étaient pas une bonne idée", a déclaré Xavier Bertrand, qui est également secrétaire général adjoint de l'UMP. "Les 35 heures ont été un carcan imposé à l'époque et qui ne marche pas pour tous les salariés aujourd'hui", a-t-il dit.
Dix ans jour pour jour après le vote à l'Assemblée nationale de la première loi Aubry instaurant le principe des 35 heures pour les entreprises de plus de 20 salariés, le ministre du Travail a dénoncé "un système trop contraignant et un système trop rigide" en s'adressant à un représentant de la direction à Flins, a constaté une journaliste de l'AFP.
Plus loin, il a demandé à un ouvrier retoucheur s'il était satisfait par le système de rachat des RTT mis en place. Devant la satisfaction affichée de son interlocuteur, le ministre a poursuivi en disant: "on a décidé d'arrêter d'imposer ça par la loi, nous on propose du surmesure entreprise par entreprise. Le ministre arrête de décider à votre place, c'est vous qui choisissez".
Enfin, répondant à un syndicaliste, M. Bertrand a surenchéri: "Nous on n'impose pas, on laisse aux salariés la possibilité de choisir, la durée de temps de travail doit se faire entreprise par entreprise".
"Notre choix, c'est la liberté de choix et pour cela, nous faisons confiance au dialogue social", a-t-il déclaré, bottant en touche sur la question de la réforme de la représentativité syndicale dans l'entreprise et de son impact sur les 35 heures.
Interrogé sur le souhait du "démantèlement des 35 heures" exprimé lundi par le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, Xavier Bertrand a préféré ne pas rentrer dans des "débats sémantiques".
"Nous voulons aller plus loin et permettre à chaque entreprise de discuter de la durée légale du temps de travail, mais en même temps, pourquoi empêcher les salariés qui ont trouvé satisfaction dans ce système?".
Le 6 mai, le Premier ministre François Fillon avait déclaré que l'objectif de "la libération du travail" engagée par son gouvernement était "de sortir définitivement" la France "du carcan des 35 heures".
Chez Renault Flins, 21,6% des salariés ont bénéficié du rachat des jours de RTT, à raison de 16 jours par employé, soit en moyenne 1.200 euros par personne.
Le syndicat FO, majoritaire à 54% dans cette usine créée en 1952, s'est dit "très satisfait" de ce système de rachat, considéré comme "un libre coup de pouce pour le pouvoir d'achat".
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