
Eric Feferberg AFP ¦ Hubert Falco, Jean-Louis Borloo, Dominique Bussereau et Christian Blanc à leur arrivée au Conseil des ministres le 18 mars 2008 à l'Elysée
Nicolas Sarkozy a fixé mercredi devant le Conseil des ministres la feuille de route du gouvernement remanié après la défaite de la droite aux municipales, en assurant qu'il n'y aurait "ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur".Evènement
"Au plan national, ces élections ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile", a déclaré le chef de l'Etat devant le nouveau gouvernement.
"La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement (...) il faut continuer (à réformer). C'est la seule façon de tenir nos engagements, c'est la seule façon de répondre aux difficultés du moment. Dans la tempête économique mondiale, il faut fermement tenir le cap", a-t-il poursuivi dans une allocution rendue publique par l'Elysée. "Il n'y aura pas de changement de cap, il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur", a insisté Nicolas Sarkozy.
Il a également fixé au gouvernement remanié quatre priorités : "Remettre le travail au coeur des politiques publiques", "renforcer la compétitivité de notre économie", "continuer à gérer avec sérieux les finances du pays" et "concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites, de prise en charge de la dépendance et de santé".
Au surlendemain de la cuisante défaite de la droite aux municipales, Nicolas Sarkozy a étoffé mardi le gouvernement Fillon, avec notamment la nomination de six nouveaux secrétaires d'Etat. Douze ministres voient leurs attributions modifiées ou élargies. Cet aménagement de l'équipe dirigée par François Fillon intervient deux jours après le second tour des municipales et cantonales, aux résultats très sévères pour la droite.
Le président Nicolas Sarkozy avait par avance indiqué qu'il ne voulait pas chambouler son équipe de ministres dans la foulée de ces scrutins dont il "tiendrait compte" cependant.
Seuls membres du gouvernement à avoir raflé une mairie à la gauche, dès le premier tour des municipales, Luc Chatel (Chaumont, en Haute-marne) et Laurent Wauquiez (Le Puy-en-Velay, Haute-Loire) prennent du galon. M. Chatel devient le nouveau porte-parole du gouvernement, tout en restant secrétaire d'Etat à la consommation. Il perd le tourisme mais gagne l'Industrie. Il succède à la fonction de porte-parole à M. Wauquiez, qui devient secrétaire d'Etat à l'Emploi.
Le sénateur-maire de Toulon, Hubert Falco, un des seuls UMP à avoir remporté dès le premier tour une ville de plus de 100.000 habitants, est nommé secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire.
Deux anciens présidents de la RATP entrent au gouvernement: Anne-Marie Idrac, jusqu'en février à la tête de la SNCF, qui devient secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, et Christian Blanc, également ancien PDG d'Air France, nommé secrétaire d'Etat chargé du développement de la "Région Capitale", c'est-à-dire le Grand Paris, sujet de polémique entre M. Sarkozy et le maire PS de Paris Bertrand Delanoë.
Alain Marleix, 62 ans, spécialiste des questions électorales à l'UMP, passe des Anciens combattants au secrétariat d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales, où il devrait piloter un redécoupage électoral, attendu depuis des années. Il est remplacé aux anciens combattants par Jean-Marie Bockel, un des ministres "d'ouverture", ex-socialiste.
Le portefeuille de "l'économie numérique", très attendu par la profession, est confié à un autre ministre d'ouverture, Eric Besson, qui conserve la "prospective et l'évaluation des politiques publiques".
Plusieurs ministres voient leurs attributions modifiées ou élargies, notamment la ministre de l'Economie Christine Lagarde, jusque-là chargée des finances et de l'emploi, qui perd les finances dans son titre et se retrouve avec l'industrie et l'emploi. Selon Bercy, cette modification ne change rien aux attributions de Mme Lagarde. Mais le retour de l'industrie dans l'intitulé de son ministère peut être considéré comme un signal alors que Nicolas Sarkozy affiche sa volonté de défendre ce secteur clé de l'économie française.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Boorlo se voit adjoindre le secteur stratégique de l'énergie, "une façon de souligner l'importance et la cohérence de ces sujets", selon son entourage.
Les ministres battus aux municipales conservent comme annoncé leurs postes, notamment Xavier Darcos (Education), battu à Périgueux. Après l'ouverture, marque des deux premiers gouvernements Fillon décriée à l'UMP, le président Sarkozy a le souci évident de se recentrer sur son parti d'origine. Entrent ainsi deux porte-parole du parti majoritaire, Yves Jégo et Nadine Morano, bien que cette dernière ait été sévèrement battue à Toul.
M. Jégo remplace à l'Outre-mer Christian Estrosi, démissionnaire pour s'occuper de la mairie de Nice, qu'il a remportée. Mme Morano s'occupera de la famille. Sa nomination devrait satisfaire les associations familiales qui avaient critiqué l'absence de ministère entièrement consacré à la famille.
© 2008 AFP
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