samedi, 24 mai 2008

Christian Jeanjean : En Chine, le séisme a fait plus de 60.000 morts

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Le bilan du séisme en Chine est de plus de 60.000 morts et pourrait dépasser 80.000, a indiqué samedi le Premier ministre chinois Wen Jiabao au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en présence de la presse au Sichuan (sud-ouest).

Le chef du gouvernement chinois a fourni ce nouveau bilan et cette estimation en visitant Yingxiu, l'épicentre du séisme, avec le secrétaire général de l'ONU.

Le précédent bilan du séisme du 12 mai, fourni vendredi, était de 55.740 morts confirmés et 24.960 disparus, majoritairement dans la province du Sichuan.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est rendu samedi dans le sud-ouest de la Chine sur la zone de l'épicentre de la région dévastée par le séisme du 12 mai où il a rencontré le Premier ministre chinois Wen Jiabao, a annoncé l'agence Chine Nouvelle.

Arrivé samedi matin à Chengdu, la capitale du Sichuan, en provenance de Bangkok, Ban Ki-moon a immédiatement rejoint en hélicoptère Yingxiu, épicentre du séisme, a précisé l'agence officielle chinoise. Il y a rencontré le Premier ministre chinois Wen Jiabao, a indiqué Chine Nouvelle.

Le chef du gouvernement chinois se trouve depuis jeudi au Sichuan, son deuxième voyage dans la région dévastée. Selon Chine Nouvelle, Ban Ki-moon a promis une mobilisation de l'ONU dans les opérations de secours et de reconstruction. Le bourg de Yingxiu, où la recherche des survivants touche à sa fin, présente un tableau apocalyptique, a constaté vendredi un journaliste de l'AFP.

Plusieurs agences des Nations unies ont envoyé du matériel et du personnel afin d'aider les habitants des zones ravagées par le séisme. "Six agences et programmes onusiens sont mobilisés sous l'égide du Fonds central d'urgence de l'ONU pour la réaction aux catastrophes (CERF) et fournissent des aides pour un montant de huit millions de dollars", avait déclaré vendredi à l'AFP Patricia Seghers, de l'équipe de gestion des catastrophes de l'ONU en Chine.

Le secrétaire général de l'ONU doit retourner à Bangkok dès samedi après-midi puis en Birmanie dimanche, où il a réussi à convaincre la junte au pouvoir d'autoriser l'entrée des humanitaires pour secourir les 2,4 millions de sinistrés du cyclone Nargis qui a fait au moins 133.600 morts et disparus.

La Chine a estimé vendredi qu'il faudrait jusqu'à trois ans pour reconstruire les zones détruites par le séisme, s'inquiétant des conditions de vie et d'hygiène des millions de sans abri.La Commission nationale pour le développement et la réforme, principal organe de planification économique, a indiqué à ce sujet qu'elle imposerait, de manière temporaire, un contrôle sur les prix des matériaux de construction, comme le ciment ou le verre.

Une équipe médicale de 13 personnes quittera la France samedi pour Chengdu, capitale du Sichuan (Chine), pour participer à l'aide aux victimes, le premier détachement français envoyé en Chine, ont annoncé les autorités françaises.





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jeudi, 15 mai 2008

Christian Jeanjean : Chine, 50.000 morts redoutés, peu d'espoir de trouver des survivants

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Malgré une formidable mobilisation nationale, l'espoir de retrouver de nombreux survivants du séisme en Chine a brutalement disparu jeudi avec une estimation officielle d'au moins 50.000 morts.Evènement

Selon les experts, les chances de survie au-delà de trois jours diminuent d'heure en heure et retrouver des survivants tient pour eux du miracle.

Conscient que désormais chaque minute compte, le gouvernement a lancé un vaste mouvement de mobilisation de l'armée, mais aussi de la population, encouragée à fournir d'urgence des pelles, des outils, des bateaux pneumatiques, pour équiper des dizaines de milliers de sauveteurs déployés sur le terrain.

"Nous devons utiliser toutes nos forces pour sauver des vies à tout prix", a martelé le Premier ministre chinois Wen Jiabao lors d'une réunion de crise du Parti communiste, ajoutant que cette bataille était la priorité numéro un de la nation.

Après avoir obstinément refusé toute aide en personnel de l'étranger, le régime chinois a finalement accepté jeudi l'envoi de spécialistes japonais qui risquent toutefois d'arriver trop tard.

"Après 72 heures, les opérations de secours deviennent extrêmement difficiles", a reconnu Zhang Zhoushu, vice-directeur du Centre de prévention des désastres et des séismes, basé à Pékin.

"Comme les destructions ont été très importantes et que les victimes ont été ensevelies très profondément, c'est vraiment difficile", a-t-il poursuivi, ajoutant que "dans de telles conditions, retrouver des survivants tiendrait du miracle".

Selon les médias officiels, 130.000 soldats participent aux recherches, au côté de chiens renifleurs. Tous les villages, bourgs et villes touchés par le séisme ont été visités par l'armée et l'armée de l'air a assuré plus de 300 rotations jeudi pour larguer des vivres et du matériel ou parachuter des sauveteurs.

Malgré l'ampleur des moyens mis en oeuvre, il semble toutefois extrêmement difficile de sauver les dizaines de milliers de personnes prisonnières des décombres dans cette zone montagneuse de la province du Sichuan, dévastée par un séisme de magnitude 7,9.

Admettant implicitement que le bilan définitif sera très lourd, le gouvernement chinois a donné pour la première fois, jeudi soir, une estimation des pertes humaines, d'au moins 50.000 morts.

Ce nombre semble inclure une bonne partie des dizaines de milliers de personnes ensevelies sous les décombres.

Les soldats et les secouristes découvrent l'horreur au fur et à mesure qu'ils atteignent la zone de l'épicentre, autour de Yingxiu, où des villes entières ont été rasées.

Dans la seule ville de Shifang, située à une cinquantaine de km de là, plus de 30.000 personnes sont portées disparues ou injoignables.

A Yingxiu, où vivaient quelque 10.000 personnes, la plupart des bâtiments se sont effondrés, comme a pu le constater un journaliste de l'AFP, et les responsables locaux ont annoncé que les trois-quarts de la population étaient morts dans la catastrophe.

Toutefois une fillette de 11 ans a été sauvée jeudi après avoir passé 68 heures sous les décombres de son école. Les sauveteurs avaient entendu la voix de l'enfant et ont réussi à la dégager.

A Hanwang, une ville de 70.000 habitants, tous les immeubles aux alentours, dont plusieurs écoles, ont été rasés.

Face à ce qui était il y a encore peu un lycée, des parents attendent avec anxiété que les sauveteurs dégagent des corps. Le plus terrible, racontent-ils, ce sont les voix qui s'élevaient des décombres juste après le séisme et qui se sont progressivement tues.

"Avant, on pouvait encore les entendre. S'ils étaient intervenus plus vite, ils auraient déjà sauvé ma fille", affirme d'une voix tremblante de colère Wen Huayoung, 39 ans, dont la fille de 18 ans est enterrée sous des tonnes de béton et de ferraille.

Une autre course contre la montre commence lorsque des blessés sont dégagés des décombres.

A Wudu, où un hôpital de fortune a été dressé sur la place du marché, le docteur Li Rui et son équipe de 40 jeunes médecins et infirmiers luttent depuis trois jours et trois nuits pour sauver des vies, sans électricité, avec peu d'eau et un équipement dérisoire.

"Le pire est de voir les gens mourir, en sachant qu'on ne peut rien faire pour eux", a-t-il confié, exténué, à un journaliste de l'AFP. "Je n'avais jamais rien vu de tel", a-t-il avoué.

Après cette terrible tragédie, un autre danger menace le Sichuan, si un barrage ou un réservoir d'eau venait à rompre.

Des risques pour la sécurité ont été détectés sur plus de 400 réservoirs d'eau, a annoncé la télévision officielle, et le ministre des Ressources hydrauliques, Chen Lei, a évoqué de "sérieux problèmes de sécurité" dans les installations hydrauliques au Sichuan.




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