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19/08/2008

François Fillon : «pas besoin d'un plan de relance»

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Le Premier ministre François Fillon a souhaité lundi que les Européens adoptent une "réponse coordonnée" à la dégradation de la situation économique internationale, affirmant que la France n'avait "pas besoin d'un plan de relance, qui serait un plan de relance artificiel".

"Il doit y avoir une réponse coordonnée des différents pays européens" à la crise, et la "responsabilité" de la France, en tant que présidente en exercice de l'Union européenne, est de "susciter le débat autour de la coordination des politiques économiques européennes", a dit M. Fillon lors d'une conférence de presse à Matignon.

L'"estimation négative" de l'INSEE, qui a annoncé la semaine dernière une baisse du produit intérieur brut de 0,3% au deuxième trimestre, "est le reflet français de la tendance générale de l'économie mondiale en cette période: une tendance qui est celle du ralentissement", a jugé le Premier ministre.

Selon M. Fillon, il "n'est pas raisonnable de parler de récession" et l'année 2008 sera celle d'une "croissance positive" en France.

Le chef du gouvernement, qui s'est entretenu la semaine dernière avec Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a notamment évoqué l'échéance du prochain sommet des ministres des Finances de l'UE, les 12 et 13 septembre à Nice, pour y aborder cette question.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, devrait proposer "dans les jours qui viennent au président et à moi-même une méthode pour engager cette discussion lors des réunions des ministres européens des Finances" en septembre, a précisé François Fillon.

Il s'agit de "proposer une méthode pour que l'ensemble des pays européens construise une réponse commune (...) et engagent cet effort de coordination qui, il faut bien le dire, pour le moment, n'a pas eu lieu", a-t-il ajouté.

"Dans une Europe unifiée sur le plan économique, dans une zone euro unifiée sur le plan monétaire, il doit y avoir une réponse coordonnée des différents pays européens", alors que "c'est la première fois depuis la création de l'euro que la zone euro a un chiffre trimestriel (de croissance, ndlr) négatif", de -0,2%, a-t-il insisté.

"Nous avons un espace économique commun, une monnaie commune" et cela rend une coordination "indispensable", a-t-il plaidé.

M. Fillon s'est également félicité du fait que "depuis quelques semaines, la parité se rétablit entre l'euro et le dollar", ce qu'il a attribué en partie à la politique qui est menée par la Banque centrale européenne.

Interrogé sur une éventuelle baisse des taux de la BCE, le Premier ministre a tenu à souligner qu'il n'y avait "pas de pression sur la Banque centrale européenne, qui est indépendante", alors que les relations entre Paris et le patron de la banque Jean-Claude Trichet sont difficiles.

Par ailleurs, "il faut encourager la discussion qui s'est engagée" également avec la Chine sur la parité yuan-euro, a-t-il demandé.

Pour la première fois depuis 2002, le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,3% au 2e trimestre, conduisant le gouvernement à précipiter sa rentrée initialement prévue jeudi. Le recul du PIB dans l'ensemble de la zone euro a été de 0,2%.

Face à ces chiffres, le Premier Ministre a exclu tout plan de relance, plaidant pour la poursuite des "réformes de structure" dans un contexte de "ralentissement" économique.

"Nous n'avons pas besoin d'un plan de relance, qui serait un plan de relance artificiel", a-t-il également déclaré.

"Investir avec de l'argent public dans une relance de l'économie n'aurait aucun sens, aucune efficacité, donc la seule réponse à la situation, c'est celle que nous proposons, c'est-à-dire celle des réformes de structure", a-t-il assuré.

"Le gouvernement aborde cette période sans surprise, avec sang-froid et avec pour objectif principal de muscler l'économie française pour lui permettre de mieux réagir dans une compétition d'un niveau de plus en plus élevé", a insisté M. Fillon.

"Je ne suis ni optimiste ni pessimiste. Il y a un cap difficile à passer qui peut prendre encore plusieurs mois", a-t-il souligné.

Le chef du gouvernement a également relevé "une inversion de tendance dans trois domaines: le taux de change de l'euro, le cours du pétrole et les prix des matières premières agricoles".

Par ailleurs, "l'impact de la loi TEPA (paquet fiscal) sur la croissance, "lorsque l'ensemble des mesures produisent leurs effets, est de l'ordre de 0,3%", a-t-il répété, alors que le PS continue d'attaquer le "paquet fiscal".

Pour "garantir le pouvoir d'achat des plus modestes", il a évoqué l'examen par les députés en session extraordinaire en septembre des projets de loi sur l'intéressement et la participation, et sur la mise en place du Revenu de solidarités actives.


Aide au transport "sur la feuille de paye"

Le ministre du Budget, Eric Woerth, a confirmé aujourd'hui que l'aide au transport annoncée en juin par le Premier ministre François Fillon prendrait la forme d'une aide "sur la feuille de paye du salarié".

"Le Premier ministre a demandé un travail pour le 15 septembre avec les partenaires sociaux, plus particulièrement avec le patronat" sur cette aide au transport, a dit Eric Woerth en marge du point presse convoqué à Matignon avec les ministres de la sphère économique.

"J'imagine que (cette aide) sera sur la feuille de paye donc un élément très efficace de prise en compte des charges des entreprises sur les transports de leurs salariés", a-t-il ajouté.

Le ministre a précisé que l'Etat rembourserait les entreprises finançant cette aide à leurs salariés.

Johnny Perchec avec AFP



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Commentaires

"L'accélération des réformes est la seule méthode qui vaille" face à la "crise internationale", a estimé l'UMP, après que François Fillon a dit son intention de garder le cap des "réformes de structures". "Que la crise soit là, c'est incontestable. Qu'elle soit internationale, c'est incontestable. Que la France s'en sorte comme la moyenne des pays européens et même mieux que l'Allemagne, c'est également incontestable", juge l'un des porte-parole du parti présidentiel, Frédéric Lefebvre, dans un communiqué.
"L'accélération des réformes est la seule méthode qui vaille pour nous permettre de rattraper le retard accumulé par les années socialistes et d'accrocher mieux que les autres la croissance mondiale lorsqu'elle sera au rendez-vous", poursuit-il.
"L'économie c'est comme la voile : s'il n'y a pas de vent, on ne peut pas avancer vite, alors il faut tout faire pour l'accrocher mieux que ses concurrents", fait valoir Lefebvre. "La situation est sous contrôle", affirme le secrétaire national à l'économie, saluant "un gouvernement qui travaille sans relâche depuis 15 mois et qui, au coeur de l'été, se réunit pour prendre la mesure de la crise".

Ecrit par : Johnny Perchec | 18/08/2008

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