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mardi, 06 novembre 2007

«Un ami en France, enfin»

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Mandel Ngan AFP/archives ¦ George Bush et Nicolas Sarkozy le 11 août 2007 à Kennebunkport

«Rien (…), c'est exactement ce que les Français attendent de la rencontre de mardi à la Maison Blanche entre Nicolas Sarkozy et le président George W. Bush», note l'hebdomadaire «Time» qui revient, comme de nombreux médias américains, sur la première visite d'Etat du chef de l'Etat français aux Etats-Unis.

«La visite devrait servir de nouvel exercice servant à démontrer à quel point la relation franco-américaine s'est améliorée, bien que rien n'a vraiment changé sur le fond depuis le départ de Jacques Chirac», souligne le magazine. «Sarko l'Américain est un terme créé par l'équipe de communication de Sarkozy et fourni aux médias français, sachant que l'administration Bush avait dépeint Chirac comme l'Antéchrist et qu'en apparaissant simplement amical et coopératif, Sarkozy pouvait restaurer des liens amicaux avec Washington».

Et «Time» de lister les dossiers sur lesquels l'Elysée et la Maison Blanche ne sont pas au diapason, comme l'entrée de la Turquie dans l'UE ou la parité euro-dollar.

«Elvis Presley dans l'iPod»

«Sarkozy arrive à deux heures mardi et sera catapulté dans un programme visant à mettre en valeur la partie amoureuse des relations franco-américaines», écrit le «Los Angeles Times». «Après une rencontre avec des hommes d'affaires franco-américains, une réception et une cérémonie en l'honneur des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, il dînera à la Maison Blanche», détaille le quotidien qui rappelle que «Sarkozy charge Elvis Presley sur son iPod, passe ses vacances dans le New Hampshire et se réjouit d'être surnommé Sarko l'Américain».

Le journal semble croire à un réchauffement des relations diplomatiques. Et en veut pour preuve que le chef de la majorité républicaine de la Chambre des Représentants, Roy Blunt, a appelé ses collègues à venir le plus nombreux possible à écouter le discours de Nicolas Sarkozy mercredi au Congrès. C'est pourtant le même Blunt, note le journal, qui, au cœur de la crise diplomatique franco-américaine sur l'Irak, avait lancé aux députés : «Savez-vous combien de Français il faut pour défendre Paris? Personne ne sait, ça n'est jamais arrivé».

«Le président le plus pro-américain depuis 40 ans»

La presse de droite américaine semble se réjouir tout particulièrement de la visite. Pour le «New York Sun», Nicolas Sarkozy est le «président le plus pro-américain depuis 40 ans». Le journal attend de sa venue rien de moins que «le renforcement des sanctions économiques européennes contre l'Iran, un rôle plus important pour la France en Afghanistan, le soutien à un Kosovo indépendant et le retour graduel de la France au sein du commandement intégré de l'Otan».

«La visite (mercredi dans la maison du premier président américain George Washington) au Mont Vernon est particulièrement symbolique 250 ans après la naissance du marquis de Lafayette», insiste le quotidien qui espère que Sarkozy «mette fin à cinq décennies d'hostilité gaulliste à l'Amérique».

Le tabloïd «New York Post», qui titre «Un ami en France, enfin», estime que «en comparaison avec ses prédécesseurs, Sarkozy semble vachement bien». «Mais bien que l'envie de faire péter le champagne et le foie gras soit forte, il n'est pas un caniche français». Car «tout atlantiste qu'il soit, Sarko est aussi eurocentrique, dévoué à la montée de l'UE comme puissance mondiale».

La politique, métaphore de l'amour

«Sarkozy, surnommé l'hyperprésident en France, partira mercredi à 15h30, à peine 24 heures après son arrivée», remarque le «Los Angeles Times». «Pour les expatriés français qui attendent sa venue, l'excitation sera atténuée par le sentiment que dans la politique, comme dans la vie, l'amour peut être une chose éphémère».

Clin d'œil à Cécilia également, ce dialogue entre Bush et Sarkozy imaginé par le très sérieux «International Herald Tribune» :

«-Sarkozy : L'Irak est de l'histoire ancienne. Entre de vieux alliés, il ne peut y avoir de divorce»

- Bush (surpris) : Divorce?

- Quand un homme et une femme se séparent.

- Tu sais, je n'ai rien contre elle mais la façon qu'elle a eu de foutre en l'air mes burgers et mon maïs dans le Maine...»

Alexandre Sulzer

20Minutes.fr, éditions du 06/11/2007 - 17h06

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