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23/10/2007

Une société française se désengage du teck birman

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Le commerce du teck serait la seconde source de financement de la junte au pouvoir en Birmanie. Pour couper les vivres à l'Etat birman, l’Union européenne envisage, entre autres, un embargo sur les importations de ce bois exotique dont regorge le Myanmar.

C’est dans ce contexte peu favorable aux affaires qu’un groupe français vient de se désengager totalement de l’usine de menuiserie qu’il détenait sur place. Le groupe Eaux et Electricité de Madagascar a vendu pour un euro symbolique la société Ywil, qui fabriquait dans la banlieue de Rangoon les objets en teck recherchés sur le marché mondial. Objets commercialisés en France par une autre filiale du groupe, la Compagnie des Bois et Meubles.

Le PDG François Gonthier se défend d’avoir pris cette décision sous la pression des évènements. Il cherchait à se débarrasser depuis plusieurs années de cette entreprise peu rentable en raison des complications créées par les caciques du régime. Une clause du contrat passé entre le groupe français et l’Etat birman prévoyait la cession progressive de l’usine Ywil aux autorités locales. Une condition que François Gonthier dit s’être toujours refusé à honorer. L’usine a été vendue à son directeur, un expatrié qui a choisi de rester à Rangoon.

Si François Gonthier applaudit des deux mains le projet d’embargo de l’Union européenne, c’est aussi parce qu’il estime que l’Etat birman est en passe de massacrer la forêt. Le teck sort directement de la forêt primaire, voire des plantations créées par les colons anglais qui sont aujourd’hui exploitées sans aucun souci de développement durable.

L’embargo européen, s’il est appliqué, aura toutefois bien peu d’impact sur le commerce du teck birman. Car les importateurs européens déclarés sont rares : cette essence d’une qualité largement supérieure à celle qu'on trouve en Indonésie ou en Afrique est recherchée par les Scandinaves et surtout les Italiens. Avec elle, on fabrique par exemple les ponts des bateaux de luxe.

Le reste du teck birman, toutes qualités confondues, est acheminé tous les jours par camion vers les pays limitrophes. La Thaïlande, la Chine le transforment en mobilier de jardin expédié sur les marchés européens sans que l’origine du bois ne soit mentionnée. Quant à la Compagnie des Bois et Meubles, elle continue à vanter les mérites du teck de Birmanie sur son site internet car elle aimerait bien écouler le stock restant mais ses approvisionnements se sont maintenant diversifiés sous d'autres latitudes.



par Dominique Baillard

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