vendredi, 16 mai 2008
UMP MELUN : Nicolas Sarkozy surfe sur la vague des bons chiffres de la croissance

Après des mois de statistiques moroses, Nicolas Sarkozy s'est saisi vendredi des bons résultats de la croissance et de l'emploi publiés ces derniers jours, pour en attribuer la paternité à ses réformes et brocarder "tous ceux qui expliquaient que tout était foutu".
Accompagné de la ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde et du secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez, le chef de l'Etat a profité d'un déplacement à visée "pédagogique", visant à expliquer la fusion ANPE-Unedic en Seine-et-Marne, pour se féliciter de cette éclaircie économique.
A la sortie des locaux des Assedic de Dammarie-les-Lys, Nicolas Sarkozy engage sa plaidoirie sur un mode modeste et mesuré. "C'est un premier résultat", confesse-t-il tout sourire devant la presse, "il ne faut absolument pas faire d'autosatisfaction, il faut persévérer".
"Je ne dis pas que c'est suffisant, je ne dis pas que c'est bien, qu'il faut s'en contenter, mais enfin c'est une vérité", s'échauffe à peine le président. "Imaginez que les chiffres aient été mauvais, on m'aurait accusé, on aurait dit que ce qu'on avait décidé à l'été ça ne servait à rien!"
Une heure et une visite des locaux de l'ANPE plus tard, la retenue de Nicolas Sarkozy a disparu. A Melun, l'heure est à la franche satisfaction, et même aux règlements de comptes.
"Avec 340.000 créations d'emplois, l'année 2007 a été l'une des cinq meilleures années en terme de création d'emplois depuis 1974 (...) on a un taux de chômage qui est à 7,5%, son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans (...) la croissance française est à 2,2% (bruts)", détaille Nicolas Sarkozy.
"Je le dis à tous ceux qui m'expliquaient que tout était foutu et qu'on serait à moins de 2%", lance le président. "2,2% je ne m'en satisfais pas, il n'y a pas que quoi faire de l'autosatisfaction. Mais enfin, à tous ceux qui, à longueur d'articles et de commentaires, expliquaient que rien n'était possible, j'envoie ce chiffre", ajoute-t-il.
"Cette croissance, on l'a dopée par toutes les mesures que nous avons prises (...) l'économie française, si on la libère de ses contraintes, si on encourage les gens à travailler au lieu de les décourager, elle créé des emplois. C'est une réalité", a argumenté le chef de l'Etat.
Dans sa démonstration, Nicolas Sarkozy ne s'est pas privé de dénoncer "le consensus des économistes, ceux qu'on appelle des sachants", en évoquant les chiffres de la croissance au premier trimestre 2008. "Il disaient que ça serait 0,3%, circulez il n'y a plus rien à voir. On a eu 0,64%", a-t-il relevé.
Autre cible de ses critiques, la Commission européenne, qui envisage de lancer une mise en garde à la France en raison du dérapage de son déficit public qui, selon Bruxelles, va frôler en 2008, puis atteindre en 2009, la limite de 3% du PIB tolérée en Europe.
"Je dis simplement à Bruxelles, regardez vos chiffres. Si l'Insee a revu ses chiffres à la hausse, peut-être que Bruxelles peut aussi s'interroger sur ses chiffres", a-t-il relevé, "mais je ne veux pas polémiquer".
Devant le député-maire de Meaux et chef du groupe parlementaire UMP Jean-François Copé, le chef de l'Etat a réservé sa dernière pique à ceux de sa majorité qui, comme il l'a reconnu jeudi, est "moins ouverte aux réformes".
"La loi sur la modernisation de l'économie, je le dis, je ne céderai pas", a-t-il assuré à destination des élus de l'UMP inquiets des répercussions de ce texte sur le petit commerce, "j'ai été élu pour moderniser la France".
"Ces bons chiffres vont casser la logique dépressive dans ce pays, ça accrédite notre volontarisme", a approuvé un ministre.
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DÉCLARATION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE : Palais de l’Elysée – Jeudi 15 mai 2008
Mesdames et Messieurs,
Mes chers compatriotes,
En me présentant aux suffrages des Français, j’ai affirmé la priorité qu’est à mes yeux l’amélioration de l’école. Il y va de l’avenir de nos enfants.
Je mesure les attentes des parents à l’égard de l’école. Et je mesure surtout que malgré le professionnalisme et le dévouement des professeurs, auxquels je veux rendre hommage, l’école, nous le savons, peut encore mieux faire. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une situation dans laquelle au sortir de l’école 15% des élèves ne maîtrisent pas les apprentissages fondamentaux. Avec François Fillon, avec Xavier Darcos, nous avons donc engagé les réformes dont l’école a besoin. Elles commencent à produire leurs premiers fruits.
Rien ne pourra se faire, je le mesure, sans la coopération active des professeurs. La société s’est beaucoup transformée ces dernières années et elle a rendu le métier de professeur plus difficile. C’est pourquoi nous nous sommes engagés à revaloriser la condition enseignante. Ce sera un élément positif et décisif de la réforme de l’école.
Alors naturellement, comme à chaque fois que l’on décide des changements dans notre pays, l’action entreprise pour mieux répondre aux attentes des Français vis-à-vis de l’école, en l’occurrence, suscite des inquiétudes voire des mécontentements. Ces inquiétudes s’expriment parfois, comme aujourd’hui, par des mouvements de grèves.
Je respecte le droit de grève. C’est une liberté fondamentale qui est garantie par la Constitution, et j’ai bien l’intention non seulement de respecter mais de préserver cette liberté fondamentale.
Mais je sais aussi que lorsque la grève touche les services publics, et en particulier l’éducation nationale, la grève crée des difficultés pour nombre de nos compatriotes. La journée d’aujourd’hui l’a encore démontré. Lorsque les deux parents travaillent et que l’accueil de leurs enfants à l’école n’est pas assuré, la grève pose des difficultés insurmontables à beaucoup de familles, en particulier aux familles les plus modestes. Elle pose aussi des problèmes d’égalité. Car il y a ceux de nos compatriotes qui peuvent faire garder leurs enfants et ceux qui n’en ont pas les moyens.
Ces familles, mon devoir de Président de la République, c’est de les entendre aussi. Et j’ai le souci de leur apporter des réponses, au-delà des initiatives qui ont déjà été prises, et qui reposent pour l’essentiel sur le volontariat des communes.
C’est pourquoi, j’ai demandé au Gouvernement de déposer avant l’été un projet de loi qui instituera un droit à l’accueil des enfants qui sont inscrits dans nos écoles. C’est un droit que celui de voir accueillir ses enfants y compris les jours de grève dans le service public de l’Education nationale.
Le projet que je demande au Gouvernement avant l’été prévoira qu’en cas de grève les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l’avance, simplement pour que précisément l’accueil des enfants puisse être organisé. Si les professeurs ne se font pas connaître, dans leur intention 48 heures à l’avance de faire grève, on ne pourra pas organiser un service public digne de ce nom qui prévoira le droit à l’accueil des enfants les jours de grève. Le projet prévoira également que les communes devront proposer des solutions d’accueil mais dont je précise que la charge financière sera assurée par l’Etat. C’est l’Etat, en charge du service public de l’Education nationale qui assurera le remboursement des frais engagés par les communes qui devront organiser un service d’accueil les jours de grève.
Je veux donc que même en cas de grève, les enfants soient accueillis dans les écoles et que les parents qui le souhaitent puissent exercer leur droit légitime au travail. Le droit de grève c’est un droit garanti par la Constitution. Mais le droit au travail pour les familles qui n’ont pas les moyens de faire garder leurs enfants les jours de grève, ce droit aussi doit être garanti.
Je vous remercie.
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jeudi, 15 mai 2008
Accueil dans les écoles en grève: Sarkozy annonce projet de loi avant l'été

Un projet de loi instaurant un "droit à l'accueil" dans le primaire en cas de grève et une déclaration préalable des enseignants grévistes sera déposé "avant l'été", a annoncé jeudi Nicolas Sarkozy au soir d'un mouvement national dans la fonction publique, et notamment l'éducation.
"J'ai demandé au gouvernement de déposer avant l'été un projet de loi qui instituera un droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles", a dit le président de la République dans une déclaration à la presse retransmise en direct et annoncée seulement deux heures avant.
Au soir d'une journée de grève et de manifestations bien suivie dans la l'éducation, il a précisé: "le projet que je demande au gouvernement prévoira qu'en cas de grève, les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance".
"Le projet prévoira également que les communes devront proposer des solutions d'accueil", a encore assuré le président, en expliquant que "la charge financière (de cet accueil) sera assurée par l'Etat".
"C'est l'Etat, en charge du service public d'Education nationale qui assurera le remboursement des frais engagés par les communes qui devront assurer un service d'accueil les jours de grève", a-t-il analysé.
M. Sarkozy a souhaité que, "même en cas de grève, les enfants soient accueillis dans les écoles et que les parents qui le souhaitent puissent exercer leur droit légitime au travail".
"Je respecte le droit de grève, c'est une liberté fondamentale et garantie par la Constitution (...), le droit au travail, pour les familles qui n'ont les moyens de faire garder leurs enfants les jours de grève, ce droit aussi doit être garanti", a-t-il estimé.
Evoquant le service minimum d'accueil (SMA) expérimenté jeudi pour la deuxième fois par le gouvernement, Nicolas Sarkozy a estimé devant la presse, à l'issue de sa déclaration, qu'il ne pouvait pas reposer "sur le bon vouloir des maires dans les communes".
Ce SMA consiste à rémunérer des agents municipaux pour qu'ils gardent les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur les salaires des grévistes.
2.837 des 22.500 communes accueillant au moins une école ont signé des conventions pour organiser ce dispositif, qui se heurte à l'opposition des syndicats, ainsi que de nombreux élus de gauche, mais pas seulement.
Le soir du 24 janvier, première journée d'expérimentation du SMA, M. Darcos avait annoncé qu'il allait chercher un "accord" avec les organisations syndicales sur le service minimum à l'école, et prévenu que, sans accord "dans les deux mois", il passerait "par la loi".
Selon les syndicats, aucune discussion n'a été engagée depuis.
Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi soir que la décision de présenter un projet de loi sur le droit à l'accueil avait été prise "ce matin (jeudi) avec le Premier ministre".
Selon un membre du gouvernement, lors du conseil des ministres mercredi, le président avait rendu hommage à le fermeté de Xavier Darcos sur cette question. "C'est très bien d'avoir lancé le débat sur le service minimum. Ce débat a permis de faire passer au second plan la grève en elle-même. C'est ça faire de la politique !", avait-il lancé en substance.
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Christian Jeanjean : Le gouvernement se félicite après la bonne surprise de la croissance

Dans une conjoncture économique morose plombée par la crise financière internationale, Nicolas Sarkozy et son gouvernement se sont réjouis jeudi de l'éclaircie apparue sur la croissance, révisée à la hausse pour 2007 et en pleine accélération au premier trimestre 2008.
Selon les chiffres publiés jeudi matin par l'Insee, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France s'est établie à 2,1% en 2007, en hausse de 0,2 point sur les précédentes estimations du même organisme, et a enregistré une nette progression au premier trimestre de cette année, à +0,6% contre 0,3% au dernier trimestre de l'année précédente.
Jusque-là plutôt condamnée aux mauvaises nouvelles, la ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde n'a pas résisté à la tentation d'anticiper de quelques minutes l'annonce de cette bonne surprise.
"Vous accueillez ce matin un ministre de l'Economie qui se réjouit et qui jubile", a-t-elle lâché sur Europe 1 juste avant la publication des chiffres de l'Insee. "On s'est beaucoup moqué de moi quand j'ai dit nous ferons au moins 2%" en 2007, "on sort à 2,2% (bruts), c'est plus que la fourchette basse de nos prévisions".
Nicolas Sarkozy et François Fillon lui ont immédiatement emboîté le pas pour saluer la performance et en attribuer la paternité à leurs réformes.
Ces chiffres "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements (du président) par le gouvernement en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat", a applaudi l'Elysée dans un communiqué. "Le diagnostic posé sur la situation de notre pays et les remèdes à y apporter sont confortés".
Ces chiffres "montrent que l'économie française, dans un climat international très difficile, résiste très bien" et "que la politique économique conduite par le gouvernement est la bonne", a renchéri le Premier ministre, affirmant même "espérer dépasser" les prévisions pour 2008 (entre 1,7 et 2%).
Jusque-là peu servi par la conjoncture économique, M. Sarkozy, qui répétait encore mardi sa détermination à "aller chercher le point de croissance", a demandé à ses troupes de relayer très largement ces bons résultats.
"Il nous a dit de mettre le paquet", a confié à l'AFP un membre du gouvernement qui participait jeudi à une réunion à l'Elysée.
Porte-parole du parti majoritaire, Frédéric Lefebvre a ainsi insisté sur "l'efficacité" du "paquet fiscal" voté en juillet 2007 et demandé au PS, qui le dénonce régulièrement comme "injuste", de "reconnaître publiquement qu'il s'est trompé".
Le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud, a lui estimé qu'il n'y avait "aucune raison de jubiler" sur la croissance française 2007, "très sensiblement inférieure à celle de la zone euro et de l'UE".
Mme Lagarde a de son côté jugé "outrageusement pessimistes" les estimations de la Commission européenne, qui prévoit que le déficit public de la France doit frôler en 2008 puis atteindre en 2009 la limite de 3% du PIB tolérée en Europe et envisage précisément de lui lancer une mise en garde à ce sujet.
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mercredi, 14 mai 2008
Message de M. le Président de la République suite au décès de Roger RAUSCHENBERG
Avec le départ de Robert Rauschenberg, l’art contemporain vient de perdre l’un de ses plus grands maîtres.
L’œuvre puissante de Robert Rauschenberg, largement influencée par les liens qu’il entretenait avec les objets du quotidien, était une critique esthétique forte de la société de consommation.
Résolument novateur, tourné vers tous les arts (la musique avec John Cage, la danse avec Merce Cunningham ou Trisha Brown), Robert Rauschenberg, l’universaliste, avait décidé depuis quelques années de créer des réseaux et des liens entre les artistes du monde.
Peintre américain par excellence, Robert Rauschenberg, était un ami de la France, le pays qui a vu naître son talent.
Le jeune étudiant en art à Paris de l’immédiat après-guerre a rapidement été exposé par le galeriste Daniel Cordier, l’ancien secrétaire de Jean Moulin, avant de se rapprocher des Nouveaux Réalistes et de repartir définitivement aux Etats-Unis.
C’est avec tristesse que la France aujourd’hui voit partir celui qu’elle avait adopté.
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mardi, 13 mai 2008
Henri Guaino : conseiller du président Nicolas Sarkozy
Henri Guaino, conseiller du président Nicolas Sarkozy, est surnommé la "plume de la République". Auteur de discours marquants du président, il revient sur son expérience durant la première année d'exercice de l'actuel gouvernement.
Regardez l'intégralité du débat
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lundi, 12 mai 2008
Birmanie : Les réactions de Londres, Washington, Paris et Berlin

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a dénoncé dimanche "la négligence malveillante" du régime birman qui transforme la "catastrophe naturelle" qui a frappé le pays en une "désastre humanitaire".
"Une catastrophe naturelle est en train de se transformer en un désastre humanitaire d'une ampleur réellement considérable, en grande partie en raison de la négligence malveillante du régime", a déclaré le chef de la diplomatie britannique sur la télévision BBC One.
La junte militaire birmane a maintenu son référendum constitutionnel, organisé samedi, en dépit des appels internationaux lui demandant de secourir les quelque deux millions de sinistrés du cyclone Nargis dont une bonne partie n'a toujours pas reçu d'aide.
Interrogé sur la possibilité de contourner le problème en larguant directement de l'aide par avion, le ministre Miliband a cependant souligné que cela ne pouvait être envisagé qu'en "tout dernier recours". "Tous les experts du développement disent que ce n'est pas un manière très efficace de fournir de l'aide. Il pourrait s'agir d'un tout dernier recours, mais l'ensemble des experts dans cette région... disent clairement qu'il s'agit d'une solution de troisième, quatrième, cinquième, voire même sixième recours", a-t-il ajouté.
Le Royaume-Uni a offert dix millions de livres (12 millions d'euros) d'aide d'urgence à la Birmanie, son ancienne colonie. Une aide "supplémentaire" va suivre, a indiqué M. Miliband.
La Maison Blanche s'est abstenue samedi de critiquer directement la décision des autorités birmanes d'organiser un référendum constitutionnel, en soulignant seulement que le régime devrait se concentrer sur les opérations de secours après le cyclone Nargis. "Notre position sur le référendum (constitutionnel birman) est bien connue. Nous nous concentrons maintenant sur la façon d'apporter de l'aide aux Birmans, et nous espérons certainement que c'est aussi le centre d'intérêt du gouvernement birman", a déclaré le porte-parole du Conseil à la sécurité nationale Gordon Johndroe.
Malgré les appels à reporter le scrutin, la junte militaire birmane a organisé samedi un référendum sur une nouvelle Constitution une semaine après un cyclone dévastateur dans le sud qui a fait 60.000 morts ou disparus et plus d'un million de sinistrés sans aide.
Le président français Nicolas Sarkozy a dénoncé samedi, lors d'une cérémonie commémorant l'esclavage, le régime birman, "éminemment condamnable, qui empêche le débarquement de vivres" dans ce pays "ravagé par la nature". Dans un discours prononcé au jardin du Luxembourg à Paris, en mémoire de l'esclavage et de son abolition, le chef de l'Etat a dénoncé "un régime éminemment condamnable, qui en est à empêcher le débarquement de vivres pour permettre de soulager la misère provoquée par un cyclone".
"Il y a un lien entre ce que nous célébrons aujourd'hui et la douleur de constater qu'au XXIe siècle la communauté internationale ne peut pas porter librement secours à des hommes et des femmes comme vous, comme nous, ravagés par la nature et qui ont de surcroît la douleur d'avoir un gouvernement qui refuse l'aide internationale", a dit M. Sarkozy. Il venait de déclarer que la célébration devait être "l'occasion de dire, hélas, que l'asservissement existe toujours dans nos sociétés, sur tous les continents".
"Des millions de personnes sont encore victimes de la traite. Elles demeurent privées de liberté, soumises à des conditions d'exploitation brutales. Ces formes modernes d'esclavage doivent être condamnées sans faiblesse", selon M. Sarkozy. "Je pense à ce moment à la tragédie que vit le peuple de Birmanie", a lancé le chef de l'Etat, une mention qui ne figurait pas dans son discours écrit. "Il n'y aura pas de paix dans le monde si nous transigeons avec le respect de la dignité humaine", a-t-il dit.
Paris a annoncé vendredi qu'un chargement d'aide était en cours en Inde à bord d'un navire militaire français à destination de la population birmane, sans que l'on sache si elle pourrait lui être distribuée directement.
La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié "d'inacceptable" le refus de Rangoun de collaborer avec les organisations humanitaires qui veulent porter secours aux victimes du cyclone Nargis, a indiqué samedi la chancellerie. Mme Merkel a fait part de son mécontentement face à l'attitude du gouvernement birman lors d'une conversation téléphonique avec le secrétaire-général de l'ONU, Ban Ki-Moon, à qui elle a demandé "d'accentuer ses contacts avec le gouvernement du Myanmar et les pays voisins" dans le but d'accélerer les livraisons d'aide aux victimes.
Vendredi, la chancelière s'était dite "bouleversée par les images terribles de la souffrance humaine qui proviennent de Birmanie", et avait appelé les voisins de la Birmanie et les pays membres de l'ASEAN "à exercer leur influence" sur la junte militaire birmane. Elle avait par ailleurs apporté son soutien à une initiative française visant à faire intervenir le Conseil de sécurité de l'ONU.
Pour lire les déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 adoptée par l'ONU cliquez ici.
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dimanche, 11 mai 2008
Nicolas Sarkozy : discours abolition esclavage
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé samedi que "la traite des noirs, l'esclavage ainsi que leur abolition" seraient inscrits dans les manuels scolaires de l'enseignement primaire dès la rentrée prochaine.
Il présidait dans le jardin du Luxembourg à Paris, une cérémonie de commémoration "des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions", selon un communiqué publié vendredi par l'Elysée.
Il a annoncé également annoncé que le 23 mai deviendrait "une journée commémorative" de l'abolition de l'esclavage "pour les associations qui regroupent les Français d'Outre-mer de l'hexagone et qui souhaitent célébrer le passé douloureux de leurs aïeux".
Plusieurs personnalités seront aux côtés du chef de l'Etat: Christian Poncelet, président du Sénat, les ministres Michèle Alliot-Marie (Intérieur), Christine Albanel (Culture) et Yves Jégo, secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer. Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, participera également à cette cérémonie. dieudionne dieudo afrique domtom antille
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Nicolas Sarkozy : Cérémonie du 63ème anniversaire du 8 Mai 1945
Discours de M. le Président de la République lors de la Cérémonie du 63ème anniversaire du 8 mai 1945
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Réforme de la Constitution : la plus grande réforme de la Cinquième République depuis 1958
A la suite de l’examen, par le Conseil d’Etat, du projet de réforme constitutionnelle issu des travaux du comité Balladur, le Conseil des ministres a adopté, le 23 avril 2008, son projet définitif et l’a transmis pour examen au Parlement.
1. Le projet constitue la plus grande réforme de la Cinquième République depuis 1958.
Il reprend la quasi-totalité des propositions du comité Balladur, plus deux propositions ajoutées à la demande expresse du Président de la République : limitation du nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux et fixation du nombre maximum de ministres par une loi organique.
N’ont pas été repris :
- la clarification des rôles entre le Président de la République et le Premier ministre, qui posait plus de problèmes qu’elle n’en résolvait, en l’absence de basculement vers un système totalement présidentiel ou totalement parlementaire ;
- l’interdiction du cumul des mandats, qui relève en tout état de cause de la loi ordinaire ;
- le conseil du pluralisme, dont le contenu était flou. La question du pluralisme sera d’ailleurs traité par le comité Veil ;
- le référendum d’initiative populaire, qui ne constituait pas, comme souvent, un droit réel, mais une simple faculté de saisir le Parlement d’un projet de texte, qui a été jugée inutile.
Par ailleurs, un bon nombre de propositions du rapport Balladur ne figurent pas dans le texte adopté par le Conseil des ministres du 23 avril, parce qu’elles figureront dans des textes de rang inférieur (lois organiques ; lois ordinaires ; règlements des assemblées…).
Au total, ce projet modernise profondément nos institutions, qu’il rééquilibre dans un sens favorable au Parlement. Il s’agit d’un texte ambitieux, conforme aux engagements de la campagne présidentielle d’une République exemplaire et d’une démocratie irréprochable.
2. Le projet encadre et limite les pouvoirs du Président de la République :
- limitation à deux du nombre de mandats présidentiels consécutifs ;
- pouvoir de nomination du Président encadré par l’intervention d’une commission parlementaire chargée de donner un avis. Cette procédure s’appliquera notamment aux membres du Conseil constitutionnel, aux personnalités qualifiées du CSM, au défenseur des droits des citoyens ;
- fixation de la taille maximale du gouvernement par une loi organique ;
- interdiction pour le Président de faire grâce à titre collectif et exercice du droit de grâce individuel après l’avis d’une commission ;
- encadrement de la procédure de l’article 16 (pouvoirs exceptionnels en cas de crise) ;
- fin de la présidence du CSM par le Président de la République.
La possibilité pour le Président de pouvoir s’adresser directement au Parlement revalorise pour sa part le Parlement, car elle l’oblige de fait à venir devant le Parlement en cas de crise ou pour faire le bilan de son action.
Loin d’être une présidentialisation du régime, le projet constitue au contraire une limitation et un encadrement réel de ses prérogatives.
3. Le projet augmente sensiblement les pouvoirs du Parlement, et opère un rééquilibrage net de nos institutions en faveur du Parlement :
- augmentation du nombre de commissions (de six à huit) ;
- discussion en séance publique du texte issu de la commission et non de celui du gouvernement ;
- délai obligatoire d’un mois entre le dépôt d’un texte et son examen ;
- possibilité pour le Parlement de s’opposer à la procédure d’urgence ;
- partage de l’ordre du jour ;
- considérable restriction de la procédure de l’article 49-3 de la Constitution, qui ne sera plus possible que pour les lois de finances, les lois de financement de la sécurité sociale et un texte par session ;
- droit de résolution du Parlement sur tout sujet, y compris de politique européenne et internationale ;
- information immédiate du Parlement sur les opérations militaires extérieures et autorisation de leur prolongation au bout de six mois ;
- questions d’actualité même en session extraordinaire ;
- renforcement du rôle du Parlement en lien avec la Cour des comptes pour contrôler l’action du gouvernement et évaluer les politiques publiques.
4. Le projet crée enfin un certain nombre de droits nouveaux pour les citoyens. Il le traite en majeur politique. Il décloisonne notre vie institutionnelle et politique, la modernise et la dédramatise, jette les bases d’une République exemplaire :
- possibilité pour les citoyens de saisir le Conseil constitutionnel par la voie de l’exception si, dans le cadre d’un litige, il leur est fait application d’une loi qu’ils estiment contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution ;
- création d’un défenseur des droits des citoyens doté de pouvoirs importants ;
- CSM ouvert sur la société civile (magistrats non majoritaires) et possibilité pour les justiciables de le saisir pour des motifs disciplinaires (sera prévue dans une loi organique) ;
- extension des pouvoirs du CSM à la nomination des procureurs généraux (avis simple) ;
- revalorisation du conseil économique et social, dont la compétence est élargie aux questions environnementales ;
- réforme du collège électoral sénatorial pour améliorer la représentativité du Sénat ;
- possibilité pour les Français de l’étranger d’avoir des députés pour les représenter ;
- statut de l’opposition ;
- redécoupage électoral soumis à l’avis public d’une commission indépendante.
5. Le projet répond à toutes les critiques formulées contre les institutions depuis des années :
- trop de pouvoir au Président : le projet lui en retire ;
- pas assez de pouvoir au Parlement : le projet lui en donne ;
- pas assez de démocratie dans le pays : le projet la renforce ;
- pas assez d’exemplarité dans la République : le projet la permet.
UMP LANGUEDOC-ROUSSILLON
Les Jeunes avec Jeanjean
UMP : Liberté, Responsabilité, Solidarité

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